Locataires

Être locataire dans une société où de nombreux bons esprits vantent les mérites d’une France de propriétaires n’est pas une situation très facile. Ce type de formule fait penser également à ceux qui se disaient si hostiles à toute forme de « malbouffe ». La réalité économique met en pièces ces rêves chimériques. Il n’est que de jeter un œil aux statistiques des revenus publiés par l’INSEE pour s’en convaincre. Le salaire médian est pour l’heure en France de 1300 euros par mois (pour mémoire, il était de 1700 euros par mois en 2008). Ajoutons que 90 % des salariés français sont en dessous de 2300 euros (2700 euros en 2008.)

Avec de tels chiffres, la France des propriétaires n’est pas pour demain ni d’ailleurs la France de la « bonne bouffe ! »

Il faut donc malgré tout ça se loger et donc devenir locataire. Dans le « secteur privé », on sait que les loyers ne cessent de grimper ou à tout le moins atteignent des montants peu en rapport avec les revenus d’une grande partie de la population. Le « secteur public » ou encore « habitat social » est alors la seule solution.
Cette situation n’est pas des plus saines, car elle laisse sous-entendre que le locataire de l’habitat social bénéficie d’un privilège : avoir un toit dans des conditions financières favorables. Dès lors, un certain nombre de « bons esprits » (encore eux !), considérant que le locataire de l’habitat social étant un « favorisé », lui nient assez volontiers ses droits fondamentaux à la sécurité, à la propreté et à la paix.

De fait, bien des locataires du parc social développent, consciemment ou non, une vision assez déroutante de leur statut. Nous avons ainsi réalisé un « mini-sondage » auprès de 67 locataires du parc social et l’on a pu constater que pour 43 d’entre eux le logement qu’ils occupaient était dans leur esprit un prolongement des services sociaux ! Ils pensent, et ils sont même convaincus, que leur logement n’est pas un vrai domicile et qu’ils ne peuvent pas avoir en conséquence les mêmes droits que les locataires du parc privé. Et cela même lorsqu’on leur fait remarquer que la loi n’institue pas de différence entre les locataires. Il existe qu’un seul code qui s’applique à tous les locataires. En revanche, ce sont les bailleurs qui connaissent des statuts différents selon qu’ils appartiennent au secteur privé ou au secteur public. Les idées préconçues ont la vie dure !

On comprend aisément que de telles confusions conduisent parfois à des situations très conflictuelles. Le fait de penser que l’on habite un logement « provisoire » peut entraîner certains à des comportements irresponsables : bruits, incivilités, dégradations, etc.

Et pourtant, il existe des lois, des décrets, des règlements pour protéger le locataire, et celui du secteur social en bénéficie sans aucune discrimination. C’est pourquoi nous présentons ici les principales dispositions que tous les locataires doivent connaître pour défendre leurs droits.